Le Patrimoine
La préservation des archives au fil du temps a permis à l'Association « La Combe au Roy » de retrouver l' histoire de Hautecour, de découvrir la vie de ses villages, de sa vie religieuse et rurale.
Le patrimoine religieux de Hautecour est riche par le nombre de ses édifices; ainsi au Chef lieu, près de la mairie se trouvent l' église et 2 petites chapelles, et chacun des 5 villages s'étageant de 900 à 1300 m possède la sienne.
1/ Au village de la BASSE, la chapelle Ste BARBE souvent évoquée pour la protection des incendies et des orages a été construite en 1606 aux frais d'André COLLOMB.
2/ Située au centre du village de GREGNY, une petite chapelle dédiée à ST GUERIN protecteur des troupeaux, à St Charles BORROMEE protecteur de la peste, et à la Vierge Marie.
Elle fut construite en 1680.

3/ Joyau du village du BREUIL, une chapelle néogothique dédiée à Ste AGATHE et Ste MARGHERITE est perchée sur un rocher, et domine le village avec élégance. Elle fut construite grâce aux offrandes des habitants du village, mais surtout à la générosité de l'Archevêque de Gênes, Mgr Charvaz enfant du pays, qui l'inaugura en aout 1866. Elle possède de magnifiques vitraux et un étonnant plafond étoilé.

4/ Au village du VILLARD, construite à la suite d’une épidémie de peste en 1618 la chapelle St ROCH et St SEBASTIEN, restaurée en août 1830 par le peintre Charlet aux frais d’andré et Charles Jorioz (cf écussons de la voûte).
St Roch et St Sébastien saints protecteurs du village sont invoqués contre la peste.

5/ Et enfin au sommet du village de PRADIER, juste avant l'alpage, une chapelle sans doute érigée en 1610 et dédiée à St BERNARD de MENTHON, souvent invoqué pour la protection des alpages, contre les avalanches.
Au Chef Lieu se trouve l'Eglise St Etienne , avec son clocher roman du XII ème siècle. Le bâtiment fut presque complètement modifié au XVII ème, on ajouta les 2 nefs latérales et devant, un portique protège le portail d'entrée.

Son retable majeur est de style néoclassique avec des éléments baroques, œuvre de GILARDI et SCHIRA, sculpteurs de la VALSESIA ( région du Piémont).
Les Retables latéraux de conception baroque (1701). On y retrouve des colonnes torses qui sont conçues pour nous faire élever le regard au ciel, vers Dieu et vers le paradis et de petits anges assis sur des volutes aux couleurs pastel ( étonnant pour du baroque qui a souvent des couleurs plus franches).
Le Retable latéral gauche est dédié à ST Antoine.
Sur le tableau central de trouvent trois personnages: St Antoine, St GRAT tenant dans ses mains la tête de ST jean-Baptiste et ST Jacques l'Assyrien.
Le Retable latéral droit : Est celui du Rosaire. La confrérie du très ST Rosaire est une des confréries les plus actives en Savoie au XVè siècle. Sur le tableau central se trouvent la vierge Marie et l'enfant Jésus, elle tend un chapelet à Ste Catherine de Sienne.
Les Peintures de l’église ont été réalisées par les frères ARTARI (1885), artistes originaires de la Valsésia , réputés par leur art du trompe l’œil.
De part et d'autres de la nef sont exposés des tableaux rénovés au frais de l'Association « La Combe au Roy ». A gauche un portrait de Mgr Charvaz et à droite une descente de croix.
Un programme exceptionnel de valorisation du patrimoine à l'occasion des jeux olympiques de 1989 à 1992 a permis à la commune d'effectuer des travaux de restauration intérieure et extérieure de l'église.
Plus étonnant on trouve dans cette église, le tombeau d'un enfant du pays devenu Archevêque de Gênes: Mgr Charvaz (1793-1870).
André Charvaz est né au village du Breuil et a eu un parcours hors du commun. Elève précoce, en 1809 il décida d'embrasser la carrière écclésiastique; à 18 ans il termina ses études de théologie et devint professeur de réthorique au petit séminaire de Moûtiers. En 1825 il devint précepteur des fils de Charles Albert de Savoie auprès de Victor Emmanuel qui devint roi de Sardaigne et du prince Ferdinand qui devint prince de Gênes, jusqu'en 1833.
Il fut nommé evêque de Pignerol de 1834 à1847 et Archevêque de Gênes de 1852 à 1869. Il décède le 18 octobre 1870.
Ce tombeau est réalisé en marbre de Vilette. Le buste de Mgr Charvaz qui domine l'édifice est en marbre de Carrare, preuve de l’importance du personnage, le même buste existe dans la cathédrale de Gênes. On peut lire cette épitaphe gravée à sa mémoire :
« Esprit élevé sage modeste caractère ferme doux conciliant cœur plein de zèle de droiture de bonté savant défenseur de la religion bienfaiteur des pauvres et des œuvres Pies. Il captiva l'estime et l'affection publiques et du citoyen de prêtre de l'évêque il fut le modèle » Priez pour lui.
Près de l'église, la petite chapelle Ste Trinité édifiée en 1660 aux frais d'Etienne Pessoz, elle a toujours été un lieu de procession.
Et enfin, sur un promotoire rocheux à l'écart du village disparu de La Léchère, aux frais de Germain Tarin en 1592 fut construite la chapelle St Jacques dédiée à St Jacques L'Assyrien et St Philippe, a été reconstruite par des bénévoles. ;
Le patrimoine rural: La vie à Hautecour était intimement liée à l'agriculture et à l'élevage, donc à la nature, aux animaux, aux saisons et au temps.
La vie s'organisait à différents niveaux d 'altitude et obligeait les familles à posséder une habitation à chaque palier de migration, c'étaient : « les remues ».
On faisait les foins, élément important dans la vie du paysan, car alimentation essentielle du bétail. On cultivait des céréales, les patates, la betterave pour les cochons , choux, carottes, etc..., le chanvre, que l'on tissait ensuite pour la confection du linge.
Les Costumes Comme dans la plupart des villages de Tarentaise, à Hautecour, hommes et femmes portaient le costume. Les hommes en costume sombre, souvent en velours, une chemise de chanvre, un gilet et un chapeau de feutre noir. Les femmes portaient comme celles de haute-tarentaise, une « frontière », coiffe avec trois pointes qui reviennent sur le front et les tempes, une bride, jugulaire de perles tressées de couleur, et le sondzon, large nœud placé à l'arrière de la tête. La robe de laine noire est égayée par un châle de soie aux couleurs vives, un tablier assorti, les bijoux traditionnels, tels que la croix, le cœur et les boucles d'oreilles en forme de croissants de lune complètent la tenue.
L'Elevage Chaque famille, possédait du bétail :
chevaux, bœufs, mulets, ânes, des vaches laitières de la race tarine, à la robe de feu et aux grands yeux bordés de noir qui paraissent maquillées, le taureau qui autrefois était communal, des chèvres, des moutons, et une basse-cour.
Depuis 1872 , l'alpage était géré en commun, c'est le « Fruit Commun ». Début juin les propriétaires confiaient leur bêtes au responsable de l'alpage et aux « montagnards »: le fruitier, les bergers, le gouverneur, le séracier, et le pachonnier.
Aujourd'hui il ne reste que 2 agriculteurs à Hautecour :
le Gaec ST guérin, au village du Breuil qui compte 60 vaches laitières, et la ferme du Pradier, avec ses 70 chèvres, son âne et ses cochons. On peut y acheter tommes de chèvre et sérac sur place.
De cette époque liée à l'agriculture, subsistent les chalets d'Alpage, le four à pain au village du Breuil, encore en activité lors de la fête de l'école, les bassins, les vignes et les murs de pierres sèches.

La vie et les traditions des Tacortains sont consignées dans le livre « Sur les Terres de Hautecour » par la petite équipe de bénévoles de l'association « La Combe au Roy » et est disponible en mairie .
Un livre reproduction du « cahier de ski à l'école » de la période 1956 à 1962 tenu par les élèves de Mr Paul Bellemin y est également à votre disposition .
L' histoire de Hautecour est aussi lié à son Patrimoine Naturel.
La Forêt, d'une superficie de 290,93 ha est composée de sapins, épicéas, mélèzes, pins cembros, hêtres, chênes etc.... Elle a toujours été un centre d'intéret important pour les habitants et parfois sujet de discorde. En effet, le bois a été de tout temps nécessaire à la vie pour la construction, le mobilier ou le chauffage.
L'Eau: L'eau est elle aussi en élément important et même vitale pour les hommes, les animaux et la terre. Hautecour est parcourue par le ruisseau du « Boilet » qui prend sa source au « Dar » à 1500 m. Autrefois il était souvent détourné pour faire fonctionner moulins à blé, à seigle ou à orge et scieries pour travailler le bois de construction. ou utilisé pour le « fruit commun », pour les fontaines des villages. Depuis 1970 Deux captages alimentent en eau potable tous les hameaux.
C'est en 1997 qu'a été réalisé la première tranche d'assainissement, le raccordement de Hautecour la Basse à Moûtiers et les travaux se poursuivent encore aujourd'hui.
Les Animaux et les Fleurs : Bien cachés dans les épais fourrés de la forêt de Hautecour se trouvent de nombreux animaux comme le chevreuil, le chamois, le cerf, les petits mammifères, les rapaces, les oiseaux, les reptiles, plus rares le tétra lyre ou le lagopède, dansle lac ou le ruisseau, la truite « fario ». Selon les altitudes les prés éclatent de couleurs avec les fleurs communes, mais aussi le sabot de vénus, les orchis, les gentianes de Koch, les anémones, les lys : St Bruno, oranger, martagon etc...
10 km/h
61 %


